10 juin 2016, 10:06
Posté dans : Actualités, Economie et finances

Intervention de M. Henri de CASTRIES, Président Directeur Général d’AXA, le 24 mai 2016 au Sénat

Lors du dîner-débat organisé par l'Amicale Gaulliste du Sénat

L’Amicale Gaulliste du Sénat a organisé, le mardi 24 mai, un dîner-débat autour de Henri de CASTRIES, P-DG d’AXA.

Voici le texte de son intervention.

Je vous remercie d’avoir évoqué le nom de mon grand père qui a été un gaulliste de la 1ère heure que Josselin de Rohan connaissait bien. Il avait décidé de quitter la France, non pas après avoir entendu l’appel du Général de Gaulle mais après avoir entendu Pétain. Il a considéré que Pétain disait des choses qui n’étaient pas acceptables et est parti à Londres où il a été le premier commandant d’unité combattante de la France libre.

Il était à Bayeux avec le Général, ayant débarqué à Courseulles le 13 juin.

Il a beaucoup marqué mon enfance, mon adolescence et une partie de mon âge adulte puisqu’il n’est disparu qu’il y a une dizaine d’années.

Il m’a notamment fait comprendre ce qu’étaient les valeurs du gaullisme et ce qu’était la nécessité, quand on regardait le monde, d’avoir une vision avant de se réfugier dans l’action.

Je crois que les deux vont de pair.

 

Vous me demandez la vue que peut avoir un chef d’entreprise de l’état de la France.

Je parle du point de vue d’un chef d’entreprise qui a été au début de sa vie, pendant moins de 10 ans, fonctionnaire à la Direction du Trésor et qui a ensuite participé à cette aventure formidable qu’a été AXA.

Quand j’ai rejoint le groupe en 1989, Claude Bebéar avait déjà fait grandir ce groupe qui était au départ une petite mutuelle de la région rouennaise. Depuis 1989, nous avons multiplié la taille du groupe par 20 et depuis 2000, où j’en ai pris la direction, nous avons multiplié le résultat par 8.

Nous sommes une des rares grandes entreprises financières, -il y en a moins de 5 dans le monde-, qui n’ait jamais perdu d’argent sur cette période.

Nous avons, grâce à la qualité des équipes, réussi à construire une entreprise globale car AXA opère dans une soixantaine de pays. AXA est la première marque mondiale d’assurance, et parmi les 50 première marques mondiales tous secteurs confondus.

80 % de nos clients sont hors de France

80 % de nos collaborateurs sont hors de France

Nous gérons 1.400 milliards d’euros et nous voyons donc comment fonctionne le monde et comment fonctionnent l’ensemble des économies et des sociétés mondiales, quel que soit leur mode de gouvernance.

Dans quelques semaines, je vais transmettre les rênes à un jeune allemand car je considère que le talent n’a pas de passeport.

Je m’intéresse à ce qui se passe dans notre pays car je trouve que c’est un pays formidable.

Aujourd’hui, chaque moment passé à l’étranger fait à la fois souffrir et donne de l’espoir. Souffrir car il est difficile de ne pas mesurer ce qu’est l’affaiblissement de notre influence et ce qu’est le soupçon de regret avec lequel un certain nombre d’observateurs étrangers, francophiles ou connaisseurs des affaires du monde, nous parlent de ce que nous sommes en train de vivre.

La France décroche, les Français sont pessimistes.

Il y a quelques jours, Brice Teinturier, le patron d’Ipsos a présenté devant les adhérents de l’Institut Montaigne les résultats d’une des dernières enquêtes d’opinion.

Ces résultats sont tout à la fois extraordinaires et terrifiants.

  • 12% de nos concitoyens considèrent que le pays va bien
  • 6% seulement pensent que la situation de ce pays va s’améliorer
  • Les 2/3 des Français pensent que leur avenir est bouché
  • La même proportion pense que l’avenir de leurs enfants est bouché ou sera moins bon que le leur
  • 88% pensent que la classe politique n’a pas pris la mesure de ces difficultés.

Nous sommes dans une situation dans laquelle l’opinion est perdue, est démoralisée. Nous sommes le seul des grands pays du monde à être dans cette situation, alors que nous restons la 5è puissance du monde, que nous avons un nombre d’entreprises qui sont des leaders mondiaux, et que notre richesse par tête, même si elle stagne ou recule depuis plusieurs années, reste une des plus élevées du monde

Il n’y a aucun pays du G7 ni du G20 qui soit dans cette situation. Parmi les économies émergentes qui traversent aujourd’hui des difficultés, aucune d’entre elles n’est à ce niveau.

D’où vient ce pessimisme ? Que faut-il faire ? Y a-t-il des pistes de sortie ?

Je voudrais commencer par vous dire que je suis convaincu qu’on ne peut comprendre la France que si on a regardé le monde. C’est parce qu’aujourd’hui, il y a une absence de vision et de compréhension qu’on ne peut pas se retrouver si on ne sait pas, si on n’a pas compris ce que sont les grandes forces à l’œuvre.

Nous sommes dans une époque fascinante parce que, comme à très peu de moments dans l’histoire de l’humanité moderne, un certain nombre de mécaniques extraordinairement puissantes sont à l’œuvre. Elles sont en train de modifier en profondeur tout ce que nous considérions comme étant des hypothèses acquises ou des schémas intangibles.

Cela commence par l’environnement. Le réchauffement climatique n’est pas une baliverne. Nous voyons chaque jour s’accumuler les indices d’un réchauffement de moins en moins supportable. Nous savons que si un monde a 2° de plus est un monde dans lequel il peut y avoir encore des démocraties et un monde dans lequel les économies peuvent à peu près fonctionner, un monde à 4° de plus ne serait plus un monde dans lequel il serait possible de préserver des sociétés comme les nôtres, pour de multiples raisons qui vont de l’augmentation du niveau des mers qui détruirait une grande partie de la richesse accumulée puisque 80% de la richesse mondiale est concentrée à moins de cinquante kilomètres des côtes ou des rives, à la désertification ailleurs qui produit des effets évidents. Quand nous visitons des cités dans les déserts, les déserts n’existaient pas quand ces cités ont été construites.

Une grande partie des conflits naissent en réalité des mouvements climatiques qui déchaînent une instabilité politique qui, à son tour, déchaîne des conflits et qui déchaîne des migrations.

Ces changements climatiques voient leur fréquence et leur intensité croître.

Il y a aussi un autre bouleversement comme on en a connu seulement 2 fois dans l’histoire de l’humanité moderne, qui est la conjonction de changements géopolitiques et de changements technologiques extraordinairement puissants.

Deux périodes de comparaison sont pertinentes: la Renaissance et la Révolution industrielle du 19è siècle.

La Renaissance.

En l’espace de 30 à 40 ans, il s’est passé en Europe des bouleversements qui ont créé plusieurs siècles d’instabilité mais qui ont façonné le monde dans lequel nous vivons aujourd’hui.

  • 1453 : Chute de Byzance, c’est-à-dire la chute d’une puissance qui avait en réalité dominé le reste du monde civilisé pendant plus de mille ans.
  • 1460 : Invention de l’imprimerie qui est la préfiguration d’internet c’est-à-dire une invention technologique qui met dans un nombre de mains considérablement accrues et quasi illimitées le savoir et la connaissance à un coût considérablement effondré.

Il n’y aurait pas eu les guerres de religion, il n’y aurait pas eu la naissance de l’Europe moderne s’il n’y avait pas eu l’imprimerie.

  • 1492 : Deux évènements la même année qui sont le miroir de ce qui s’est passé avec l’émergence des économies d’Asie et d’Amérique du Sud depuis quelques années et la chute du rideau de fer il y a une génération.
  • Chute du Royaume Maure de Grenade. Boabdil s’en va.

Observation : Toutes les civilisations qui tombent sont toujours beaucoup plus développées et sophistiquées que les civilisations qui les dominent. La civilisation arabe d’Espagne était beaucoup plus tolérante, beaucoup plus avancée scientifiquement que celle des rois catholiques.

  • La même année : découverte de l’Amérique, c’est-à-dire un bouleversement économique extrêmement considérable parce que c’est l’accès à des richesses, à des marchés, à des territoires de développement nouveau.

Le parallèle avec ce qui est en train de se passer est fascinant car Internet, les émergents, la chute du rideau de fer produisent un bouillonnement comparable à ce qu’on a vu dans le monde du 15è et du 16è siècle.

Le second parallèle est celui de la révolution industrielle du 19è siècle.

Aujourd’hui, nous avons la vision d’un 19è siècle qui a été un siècle de révolutions industrielles « heureuses » puisque la production d’électricité a permis de moderniser un certain nombre de nos techniques de production et a créé une prospérité qui a permis de fonder de façon, pensions-nous, durable les démocraties dans lesquelles nous vivons aujourd’hui.

La réalité c’est que le 19è et le début du 20è siècle ont été tout sauf des périodes paisibles parce que:

– C’est cette révolution industrielle qui a donné naissance au prolétariat. (Nous sommes en train de donner naissance au précariat).

– C’est cette révolution industrielle qui a conduit avant que nous ne créions les emplois du monde moderne à des destructions massives d’emplois dans le monde ancien.

– C’est cette révolution qui a conduit à des révoltes, à de l’instabilité politique et à un certain nombre de bouleversements qui ont abouti à la guerre de 14.

A chaque fois qu’il y a la coexistence d’un certain nombre de bouleversements géostratégiques avec des innovations technologiques fortes, il est temps de faire une pause et d’essayer de réfléchir sur ce que peuvent être les évolutions qui en résultent.

Un certain nombre de pays, de dirigeants et d’individus les comprennent. D’autres les comprennent de façon moins évidente.

Il me semble clair que si nous n’y prenons garde, les démocraties dans lesquelles nous vivons sont menacées.

Les vraies démocraties modernes avec un suffrage universel profond durable et renouvelé ne se sont créées que parce qu’une classe moyenne a émergé avec laquelle le contrat social était extrêmement simple. On assurait un emploi au citoyen durant sa vie et ses enfants avaient une chance raisonnable d’avoir un sort et un emploi meilleurs que lui.

Ce contrat social est brisé. C’est cela qui fragilise nos sociétés, nos économies et fait monter un certain nombre de mouvements extrêmes risquant, à terme, de menacer ce que sont les fondements démocratiques.

Si on fait une lecture cynique de ce qu’est notre devise républicaine qui pourtant apporte toutes les réponses pertinentes, la devise de la République, c’est Liberté, Egalité, Fraternité. Nous sommes en train de la transformer en « égoïsme, égalitarisme et jalousie ». Ce n’est plus ce dont nous avions rêvé.

Est-il possible aujourd’hui de changer ?

Je pense que nous pouvons parfaitement recréer les fondements d’une société qui soit une société ayant une vision, partageant un certain nombre d’idéaux, une société qui s’insère de façon relativement heureuse dans le concert des nations modernes.

Il faut comprendre pour cela que les modèles du passé ne sont plus forcément pertinents.

Nous avons un « biais inconscient », c’est à dire que nous considérons que notre organisation politique et sociale est intangible.

Or c’est une organisation qui a été fondée sur une vision du monde qui est un héritage Westphalien. C’est le traité de Westphalie qui a créé l’Europe moderne, qui a considéré qu’un état, c’était un territoire, une langue, un corps de règles et que c’était défini dans l’espace.

Cette notion n’est plus nécessairement pertinente. Aujourd’hui, les communautés ce sont des hommes et femmes qui ont la volonté de vivre ensemble. Elles ne se définissent plus nécessairement autour des notions de géographie.

Les schémas classiques ne sont donc plus forcément pertinents.

Cela peut sembler effrayant mais, le terrorisme, aujourd’hui, reconnait-il les frontières ? La menace sur notre sécurité les reconnait-elle ? Internet, le Digital, reconnaissent-ils les frontières ? Non.

A temps nouveau, redéfinissons les communautés pertinentes (réseaux sociaux).

Aujourd’hui, ce qui réunit les hommes, en termes de communautés d’intérêt, en termes de communautés de visions, en termes de communautés de valeurs, n’est plus nécessairement le format traditionnel des états géographiques.

Il y a un certain nombre de communautés qui restent pertinentes dans le regard des citoyens. Les villes restent des communautés pertinentes car elles sont encore des échelles de résolution efficace des problèmes auxquels les personnes sont confrontées.

  • Si on veut essayer de trouver ce que peuvent être les solutions à un certain nombre de sujets économiques auxquels nous sommes confrontés, il faut comprendre que tous les modèles économiques classiques sont déjà périmés, que l’économie va se réinventer comme elle l’a fait au 19è siècle, et que toutes les grandes organisations sont menacées.
  • Le premier point est de comprendre que ce que nous tenons pour acquis n’est pas nécessairement intangible et si nous voulons que cela reste intangible, il faut donner un contenu.
  • Le deuxième point est qu’il faut comprendre que toutes les échelles ont changé : les échelles de temps et d’ampleur. Tout aujourd’hui se passe de façon quasi instantanée. Les effets d’échelle en matière de solution technologique ne sont plus de l’ordre de 1 à 2, ni de 1 à 5, ni de 1 à 10 mais de 1 à quelques milliers.

Ampleur des ruptures techniques.

Depuis 5 ans, je dis à l’ensemble des 170.000 collaborateurs d’AXA qu’il faut se réinventer. Une analyse réalisée sur les 175 métiers existant dans le Groupe a conclu que dans moins de 5 ans, 60% des personnes n’auraient pas les qualifications nécessaires pour exercer les métiers de demain.

Aujourd’hui aux USA, un jeune de 26 ans a déjà occupé 6 postes

Quand il prendra sa retraite, il en aura occupé entre 15 et 20

Il faut donc réinventer les grandes législations qui nous gouvernent. On ne peut plus fonctionner comme avant sinon on disparaîtra, comme ont disparu Byzance et un certain nombre d‘organisations.

  • La deuxième chose est que tous les espoirs sont permis à condition que la décision et l’initiative soient remises dans les mains des individus parce que ce sont des individus que viennent la créativité, les organisations pertinentes, l’intelligence et l’énergie. Vouloir faire partir l’innovation d’en haut ne fonctionne pas.

Il faut accepter que :

– Nous sommes dans un monde asymétrique, instantané et granulaire.

– L’émergence d’un certain nombre d’économies nouvelles est inévitable.

– Ce qui fait le développement et la croissance, c’est la combinaison de la technologie, du capital et de l’éducation.

Pouvons-nous le faire en France ?

Oui mais seuls, nous n’apporterons pas toutes les réponses.

Une grande partie de la solution à nos problèmes, c’est de réinventer l’Europe. Pourquoi ? Que partageons nous avec les pays fondateurs de l’Europe et ceux qui se sont agrégés depuis?

Ce que nous partageons ensemble, ce qui nous différencie du reste du monde, c’est la croyance que l’homme a la liberté de son destin, c’est-à-dire la croyance dans le libre arbitre des individus, tempéré par le respect de l’autre.

  • Un certain nombre d’organisations sociales pensent qu’il y a le libre arbitre et le libre arbitre tout seul.
  • Un certain nombre d’organisations sociales pensent qu’il n’y a pas de libre arbitre.
  • Un certain nombre de civilisations ou d’Etats pensent qu’il peut y avoir du respect sans libre arbitre.
  • Il y a des endroits dans lesquels il n’y a ni respect ni libre arbitre.

Ce qui nous différencie, c’est la combinaison du respect et du libre arbitre : liberté égalité, fraternité, ce sont les valeurs qui sont le ciment de l’Europe

 

Pourquoi L’Europe est-elle toujours une communauté pertinente ?

Depuis Cro-Magnon, il y a trois raisons pour lesquelles les hommes se mettent ensemble :

  • Pour se défendre car on assure mieux sa sécurité collectivement
  • Pour se nourrir et prospérer car on chasse mieux et on cultive mieux ensemble. C’est comme cela qu’on créé la prospérité
  • Transmission et mise en commun du savoir pour mieux se développer et profiter de la force de l’intelligence collective

Les axes autour desquels il faut réinventer le modèle européen sont :

  • les axes qui tiennent aux politiques de sécurité et de défense, y compris les politiques d’approvisionnement énergétique
  • les axes de compétitivité économique car si nous ne sommes pas capables d’adapter nos modèles et de les flexibiliser davantage, nous disparaîtrons de la carte du monde
  • les modèles d’éducation

-car si nous n’avons pas une éducation primaire capable d’assurer aux enfants la maîtrise des acquis élémentaires y compris ceux liés aux technologies modernes,

-si nous ne sommes pas capables d’avoir des Pôles universitaires d’excellence, nous ne survivrons pas.

Sur l’éducation :

1) 150 à 200.000 jeunes sortent chaque année sans qualification du système scolaire. Echec historique.

80% de ces jeunes avaient déjà un problème à la sortie du primaire. La racine du sujet est donc le primaire. Il faut 35 h de face à face avec un prof pour acquérir les fondamentaux de la lecture. Or, en France, le système scolaire en délivre 20h. Il en manque 15.

2) Enseignement universitaire

Sous l’empire Romain : 10.000 étudiants

Au début du XX è siècle : 1 million d’étudiants

Il y a 25 ans : 10 millions d’étudiants

Aujourd’hui : 100 millions d’étudiants

Dans moins de 25 ans, probablement 300 millions

L’accès à l’enseignement supérieur doit être repensé. La quantité de savoir acquise est multipliée par 2 tous les 18 mois. Il faut réorganiser le système pour permettre d’avoir une formation permanente et continue à intervalles réguliers.

Pour la France :

Il faut redéfinir notre vision. Quelle est la société que nous voulons dessiner ? Il faut se projeter dans ce que sera le monde de 2030 et savoir les valeurs qui nous sont chères.

Les Français attendent qu’on leur montre un chemin, ce que faisait le Gaullisme, même si celui ci est difficile.

Il faut être très précis: Nous voulons une société dans laquelle les Valeurs de la République, valeurs de liberté, d’égalité et de fraternité, puissent exister, ce qui signifie qu’il faut repenser nos politiques de sécurité et de défense car nous sommes à bout de souffle. Il y aura des investissements à faire. C’est un sujet sur lequel nous sommes encore respectés dans le monde.

Il faut aussi regarder ensemble les sujets de sécurité intérieure et extérieure car en réalité la menace ne tient pas compte de la distinction historique.

Sur la compétitivité, il faut repenser ce qu’est notre attitude en face de l’innovation du travail et de l’investissement. Depuis 30 ans, au motif que ce qui a un effet le plus rapide sur l’emploi c’est d’aider les bas salaires, on a créé une économie qui exporte son travail qualifié.

Chez AXA, en 93, j’ai créé une activité d’asset management, devenue une des principales du monde. Tout le développement se fait entre Londres, l’Asie et New York car en France, nous avons rajouté aux charges sociales, déjà lourdes, 20% de taxes sur les salaires sur les emplois financiers qualifiés. Nous sommes les meilleurs alliés de la place financière de Londres. Nous avons exporté 300.000 Français de façon quasi définitive à Londres.
Louis Gallois avait expliqué qu’il fallait encourager le travail qualifié. En vain.

Nous avons une économie de bas salaires. Elle crée ce que nous attendons qu’elle produise.
Nous perdons nos emplois et nos entreprises qualifiés qui tirent l’ensemble de l’économie. 10% des entreprises du CAC 40 sont parties officiellement depuis deux ans. A ce chiffre, il faut aussi rajouter les sociétés dont les comités directeurs ont déjà largement déménagé. Les investissements étrangers reculent alors qu’ils progressent de près de 15% dans le reste de l’Europe.

Sur l’éducation, il faut

  • Investir massivement sur le primaire
  • Utiliser les technologies nouvelles
  • Instaurer l’excellence dans les systèmes universitaires. Nous en avons la possibilité. Il faut voir les succès des Français partis hors de France.

Pour conclure sur une note optimiste, rappelons qu’en France, nous avons la capacité à gâcher, de temps en temps, des succès qui sont à portée de main et que la contre partie, c’est aussi notre capacité à nous remettre d’échecs dont aucun autre pays ne se relèverait.

Il nous faut reprendre notre place dans le concert des nations. Les 2 ou 3 prochaines années sont les dernières chances que nous avons pour retrouver notre place et pour redéfinir le projet des sociétés européennes dans le monde du XXIè siècle.

Laissez un commentaire

Ce billet a été publié le vendredi 10 juin 2016 à 10 h 12 il se trouve dans la catégorie Actualités, Economie et finances.