17 octobre 2016, 13:10
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Ruralité : la désespérance des élus et des habitants

mon discours introductif à la rencontre entre Nicolas Sarkozy et les élus haut-marnais le 14 octobre 2016 à Nogent

Ce qui frappe aujourd’hui dans la Ruralité, c’est la désespérance des élus et des habitants.

  •          Chez les élus, ce sentiment provient du séisme généré par une organisation administrative nouvelle, plaquée artificiellement et subie, auquel s’ajoute un étranglement financier ; cette conjonction  provoquant une perte de repère institutionnel.
  •          Chez les habitants, l’abandon de la puissance publique et des services conduit, de ce côté-là, à un sentiment de perte d’appartenance à la Nation

S’agissant des élus, le bouleversement administratif réalisé, sans qu’ils aient été consultés et dans l’ignorance totale des particularités de la Ruralité, les a littéralement violés.

Le dogmatisme a interpellé en cherchant, surtout, à supprimer le Conseiller territorial (pas assez défendu localement) parce qu’il avait été imaginé par Nicolas SARKOZY, le conseiller territorial, qui, pourtant, chacun en convient, avait toute sa pertinence.

Les nouvelles Régions sont perçues comme trop grandes, mal calibrées. Leurs frontières sont parfois  critiquées et, surtout, les « intercommunalités XXL », (par la force des choses sur des territoires d’une densité de 5 à 10 habitants au m² et conduisent à des assemblées de 200 élus), viennent broyer les Maires.

Ils le refusent et il s’ensuit un antagonisme jamais atteint entre communes et intercommunalité  ou Agglo.

Le départ de l’État les prive de toute ingénierie publique alors que, dans le même temps, ils se voient  attribuer des compétences supplémentaires, que les Communautés d’agglomération sont en phase d’organisation et que les Départements, faute d’une définition de son contenu, n’ont pas compris ce que pouvait être « la solidarité territoriale » qu’on leur a confiée, préoccupés qu’ils sont par leurs propres débats sur la compétence dans le cadre des Schémas régionaux.

D’où l’apparition du sentiment partagé qu’il faut, soit tout remettre à plat soit, faire une pause afin de renégocier un pacte. Les élus veulent connaître la direction vers laquelle on entend les conduire. On n’imagine pas dans quel flou les ont plongés les lois d’organisation territoriale, avec l’interco généralisée,  le transfert de compétence et les Grandes Régions …

En ce qui concerne les habitants, dans le même mouvement, ils se sentent lâchés par les pouvoirs publics comme par les élus qu’ils associent dans un amalgame.

Il s’agit, en l’occurrence, plus d’un ressenti que d’une perte véritable de « Services Publics » car, il faut convenir, qu’avec le numérique, un bureau de poste ou une Trésorerie n’ont plus la même utilité qu’autrefois. En réalité, les populations ressentent un besoin de la présence publique.

A cet, égard, je mettrai à part le cas de la Gendarmerie qu’il est nécessaire de conforter et à qui il faut donner une mission de cohésion rurale renouvelée en lien avec les élus et la démographie médicale qui n’a pas trouvé son modèle.

Nous essayons de répondre à ce besoin en mettant en place des Maisons des Services Publics autour de la poste, essentiellement, et des collectivités locales. Mais, les partenaires publiques et parapubliques y viennent en trainant les pieds … et le département ne comprend pas qu’il peut y jouer un rôle prépondérant et moteur.

Aucune ligne directrice, ni de véritable stratégie nationale ne sont données sur ce dossier, pourtant, primordial.

Lorsque l’on sait qu’une étude récente a montré que la distance d’une commune par rapport aux Services Publics est proportionnelle au score réalisé par le Front National, on comprend pourquoi, en Haute-Marne, on flirte avec les 45% …

Les mêmes causes produisant les mêmes incidences, j’ajouterai qu’en ce qui concerne les Maires, s’il y a 5 ans, ceux qui votaient FN se comptaient sur les doigts de la main, aujourd’hui leur nombre atteint plutôt 10 à 15 % …

Il est donc urgent de donner une ligne claire et partagée sur l’organisation territoriale et son fonctionnement et de redonner aux habitants des territoires ruraux le sentiment d’appartenance pleine et entière à la Nation.

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Ce billet a été publié le lundi 17 octobre 2016 à 13 h 52 il se trouve dans la catégorie Actualités.