Je viens de signer une proposition de résolution, avec l’ensemble de mes collègues du Groupe UMP du sénat, sur la transition énergétique.

En effet, la raréfaction des énergies fossiles, l’insécurité dans l’approvisionnement de ces sources d’énergie, la hausse de la facture énergétique, la détérioration de l’environnement dont l’augmentation des émissions de gaz à effet de serre est l’une des principales manifestations, tous ces phénomènes impliquent que la France conduise une politique publique de l’énergie empreinte de vision et de responsabilité.

Comme le souligne l’Agence internationale de l’énergie, la demande globale de combustibles fossiles aura augmenté d’un tiers d’ici à 2035. Les pays producteurs, les pays consommateurs et les zones de transit auront changé, modifiant ainsi les enjeux géopolitiques y afférents. Les projections relatives aux prix de ces matières premières n’en deviendront que plus incertaines.

À ces questions économiques et géopolitiques, s’ajoutent des préoccupations environnementales qui vont croissantes, notamment en ce qui concerne les conséquences des déperditions d’hydrocarbures dans les écosystèmes ou les émanations de gaz à effet de serre.

Face à ces incertitudes, deux objectifs doivent rassembler nos responsables publics : réduire autant que possible notre dépendance aux énergies fossiles, et limiter nos rejets de gaz à effet de serre.

Or, ces deux objectifs se rejoignent par leur cause commune : notre consommation excessive en combustibles fossiles. En effet, en limitant notre consommation en énergies fossiles, nous réduirons notre dépendance à l’égard des puissances exportatrices, nous rétablirons notre balance commerciale, et donc nous réduirons les incertitudes économiques liées à ces importations. Dans le même temps, nous contribuerons à diminuer les rejets de gaz à effet de serre dans l’atmosphère.

La réduction de notre consommation en combustibles fossiles doit ainsi être au coeur de la politique publique énergétique française pour les prochaines décennies. Pour cela, il ne peut y avoir d’autres moyens que de planifier le basculement de notre consommation en énergies fossiles vers une consommation électrique (hors thermique classique).

De cette manière, même si des économies d’énergie sont envisageables, notamment dans la consommation résidentielle et la consommation issue du secteur tertiaire qui représentent à elles deux près de 70 % de notre consommation finale d’électricité, il serait irresponsable de programmer une diminution de nos capacités de production électrique. Au contraire, il faut préparer notre pays à l’hypothèse d’une hausse de notre consommation électrique qui, contrairement aux idées reçues, ne sera pas un aveu d’échec, mais à l’inverse, le signe que la transition énergétique s’opère véritablement et que nous réalisons le basculement tant nécessaire de la part des énergies fossiles dans notre consommation primaire vers l’électricité.

Pour répondre à ce défi, il nous faudra repenser les composants du mix énergétiques, avec les contraintes liées à chaque source de production. Pour ces raisons, la présente proposition de résolution souhaite réaffirmer le rôle central des sources de production électrique qui ne sont pas issues de combustibles fossiles et qui ne sont pas émettrices de CO2.

De cette manière, notre proposition de résolution se prononce d’abord en faveur de la prolongation de la durée d’exploitation du parc nucléaire actuel et souhaite la poursuite du programme EPR et du programme sur les réacteurs de quatrième génération. Le nucléaire, filière d’excellence pour notre pays, est en effet le moyen le plus efficace pour lutter contre les émissions de gaz à effet de serre.

La présente proposition de résolution invite également au renouvellement rapide des concessions hydroélectriques, autre filière d’excellence, pour moderniser et valoriser cet outil de production vertueux écologiquement.

Il est aussi question de conduire l’ensemble des filières de production d’énergie issue de sources renouvelables vers l’efficience économique. Le soutien à la recherche doit dans cette optique être ciblé sur les filières compétitives.

Enfin, tous les leviers de l’amélioration de la performance énergétique doivent être mobilisés tout en tenant compte des charges induites pour les collectivités territoriales et les ménages.

Pour visualiser cette proposition de résolution, cliquer ICI.

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Ce billet a été publié le mardi 17 décembre 2013 à 11 h 18 il se trouve dans la catégorie Actualités, Propositions de loi et amendements.