16 janvier 2007, 17:01
Posté dans : La Haute-Marne, actualité et prospectives

La crise démographique de la Haute-Marne et quel avenir

La révélation de la chute de notre démographie n’a pas constitué, pour moi, une réelle surprise.

janvier 2007

En effet,  j’ai eu, avec Bruno SIDO, le triste privilège d’être informé des chiffres en avant première, avec les commentaires de Monsieur PERRIN, assisté d’un démographe. Cette réunion, compte tenu de la perspective du débat proche sur Animal Explora, m’a conduit aux réflexions suivantes, portant à la fois sur l’évolution démographique et le devenir de notre département :

Il convient d’abord d’analyser les éléments pour en tirer les conclusions et les enseignements au regard de ce qui se passe ailleurs.

1°) nous avons suivi fidèlement la prévision de déclin INSEE fixée pour les 10 dernières années.

2°) nous appartenons à la partie Nord Est de la France, qui subit exactement la même tendance.

 Ces deux éléments sont importants, car ils signifient que nous sommes largement plombés, et qu’avec ces éléments, notre « capital génétique », si j’ose dire, d’emblée compromet sévèrement notre avenir.

Par ailleurs, les comparaisons nous indiquent que nous n’avons pas su dériver d’un iota, par rapport à cette tendance (sans toutefois l’aggraver) alors que nos voisins sinistrés ont tous très légèrement amélioré leur sort… mais les écarts sont infimes.

Une seule exception, l’Aube, qui a pris le démographe à contre-pied. Au sein de ce club, et après analyse, l’Aube doit son rebondissement à :

  • la présence d’une grosse agglomération (au moins 2 fois Saint-Dizier), positionnée centralement dans un département qui s’articule autour d’elle
  • sa distance et ses connexions rapides avec Paris
  • la constitution d’un pôle universitaire, et corrélativement, une faculté de réponse aux mutations industrielles engendrées par la crise du textile.

Quelles peuvent donc être nos pistes de redressement et de réaction contre cette spirale infernale du déclin ?

  • Préalablement quelques remarques :
  • Prendre acte que nous ne sommes pas positionnés favorablement (bord de mer ou sud) et que nous pouvons donc difficilement imiter les stratégies liées à ce positionnement.
  • Nous n’avons pas d’agglomération suffisante pour créer des synergies ; il faut donc les rechercher à l’extérieur (Dijon, Troyes ou Reims), car le système de développement actuel fonctionne suivant les règles du « polymorphisme centré » sur des agglomérations.

Il faut donc, à mon sens :

  • Développer nos singularités pour les porter à l’excellence, celles qu’on ne peut trouver nulle part ailleurs qu’en Haute-Marne. Pêle-mêle (et même si elles s’opposent parfois), notamment :
    • Chasse et nature
    • Bure
    • Colombey les deux Eglises 
  • Prendre en compte nos potentialités au regard des ressources et des problématiques d’avenir
    • Le tourisme spécialisé
    • Les savoir-faire et la gastronomie locale
    • Le nucléaire
    • L’environnement
    • L’agriculture nouvelle
    • Le carrefour vers le sillon Rhodanien
    • Les personnes âgées

Travailler sur ces potentialités n’exclut pas de leur donner du corps et du liant. Il est indispensable que cela concourre à donner à notre département une identité, pour qu’il symbolise une destination perceptible de l’extérieur. Personne n’est actuellement capable de nous situer sur une carte.

A partir de ces potentialités et singularités, il faut développer au maximum des projets d’animation au plan touristique, et en particulier la chasse, jusque dans l’excellence internationale… Ceci induit de travailler au maximum les voies de communication avec les grands pôles urbains (fer et route) car l’économie nouvelle résulte pour une large part des flux de pôle à pôle. A cet égard, bien noter que nous ne pouvons choisir le tourisme de masse, il faut travailler l’hébergement de nature, mais aussi de très haut de gamme, pour répondre à l’attente de l’excellence.

A cet égard, il faut réécrire le projet Animal Explora, pour conforter la logistique du Salon de la Chasse, rare manifestation d’envergure internationale, pour le doter d’équipements fixes permanents à Châteauvillain, et qui pourraient par ailleurs héberger d’autres foires et expositions et permettre alors à la Haute-Marne de postuler à des manifestations d’ordre national. Mais cela suppose d’y ajouter des infrastructures d’accueil complémentaires. Ce projet doit aussi être travaillé sur un deuxième axe, pour lui donner une dimension et une adhésion de territoire, sur une assise plus large (Arc, Auberive, …). Il faut donc revenir, en partie, au concept original du CECYN, avec un retour à l’authenticité.

Il faut imaginer des formations, continues ou universitaires, originales, en relation avec les villes universitaires, car aucune de nos villes ne possède la masse critique pour attirer et maintenir une population jeune et active. A cet égard, les pistes de la nouvelle agriculture, de la biomasse, des énergies nouvelles, de l’environnement et de la forêt, ainsi que celles de la cynégétique, doivent être privilégiées.

Nous ne devons pas négliger les créneaux porteurs issus de la métallurgie et de la sidérurgie, dans les secteurs de pointe (aéronautique) et Nogent et son pôle pour en faire des points d’appui, en mettant notamment des cabinets d’ingénierie dessus pour capitaliser dans toutes les directions.

Nous devons initier toutes les potentialités logistiques que porte en elle notre situation géographique, et pourquoi pas essayer de travailler la « ressource économique » personnes âgées.

Nous devons partir du principe selon lequel tous nos « développements » doivent être facilement accessibles par des voies rapides, permettant aux clients de les consommer, et non séjourner en permanence, tout en permettant la création ou le maintien d’un tissu d’emploi nécessaire à leur fonctionnement sur place.

Il faudra tenter tout ce qui pourra l’être pour fusionner les deux agglomérations de Chaumont et Langres, pour leur donner une masse critique en les additionnant. Saint-Dizier l’a compris déjà, en se fondant dans « le triangle » (équipements communs et liaisons rapides).

Il faut noter que toute action entreprise dans ce département ne peut l’être qu’avec le soutien du Conseil Général, seul acteur à disposer d’une puissance de feu et de moyens d’envergure susceptibles d’imprimer une politique ou d’accompagner des stratégies locales fortes.

Enfin, remarque importante, on ne remonte pas seul une telle pente, avec un potentiel aussi affaibli. Tout ce que nous pouvons imaginer et mettre en œuvre ne pourra redresser la situation, si au plan national des décisions ne sont pas prises pour endiguer la tendance d’urbanisation à outrance des infrastructures et de la vie nationale, et ce doit être le leitmotiv des parlementaires haut-marnais.

Le réaménagement du territoire du XXIème siècle doit être absolument repensé. D’autre part, une nouvelle culture de nos concitoyens doit être distillée pour modifier leur comportement d’attirance vers la ville. Elle devra s’adresser en priorité vers les décideurs qui créent les emplois et qui sont source principale de la fixation et du retour des populations, sachant que les outils d’incitation fiscale sont aujourd’hui insuffisants ou inopérants.

Si cette inclinaison s’avérait impossible, et qu’en réalité il soit souhaité que les espaces territoriaux soient vidés de leur population, à l’exclusion d’un minimum vital, à l’instar des Etats-Unis ou de l’Australie, il conviendrait d’en établir rapidement les raisons et des chiffrages des avantages pour la Nation. A mon avis, le constat selon lequel la campagne coûte, n’est pas du tout établi. Si c’est réellement le cas, il faudra alors l’indiquer clairement, afin que les mesures d’accompagnement appropriées succèdent alors au déploiement d’une vaine énergie à endiguer ces tendances lourdes subis par le monde rural. Mais jusqu’à preuve d’une telle démonstration, toute les énergies politiques et économiques de ce département devraient être tournées vers ce seul but du redressement.

Tags : ,

One Response to “La crise démographique de la Haute-Marne et quel avenir”

  1. soave Says:

    ,j aime beaucoup ce dept j y vais souvent c est un dept avec une nature intacte il faut developper le tourisme attirer les entreprises il faut crée des universitées pour que les jeunes restent.voila mon petit message.

Laissez un commentaire

Ce billet a été publié le mardi 16 janvier 2007 à 17 h 55 il se trouve dans la catégorie La Haute-Marne, actualité et prospectives.