12 janvier 2015, 17:01
Posté dans : Actualités

Il faut être Charlie demain et les jours qui suivent !…

Avec et pour Charlie, la France s’est levée dans un élan spontané d’indignation, de rage de vivre, d’envie irrépressible de liberté.

Avec et pour Charlie, la France s’est levée dans un élan spontané d’indignation, de rage de vivre, d’envie irrépressible de liberté.

De la joie, de la fierté, mais de la retenue aussi et une forme de fraternité où, dans l’égalité, les plus grands côtoyaient les plus humbles…

Les trois mots symboles y étaient, pour une France « une et indivisible », laïque et républicaine, et dont la culture, même si elle évolue lentement, existe et garde une place primordiale dans laquelle tous s’étaient rejoints comme dans un irrésistible appel des Lumières.

Pour autant, on sent que cette osmose fusionnelle était très « physique » et n’y suffira pas…

D’abord parce qu’on a senti que beaucoup de ceux qui auraient dû être là n’y étaient point, et parce que chacun a ressenti, au plus profond de lui-même, qu’il y avait derrière ces actes insensés un échec sociétal et politique, un échec de l’intelligence et du vivre-ensemble, et que ce grand rendez-vous laisserait la place à une terrible gueule de bois si la Nation ne se dépassait pas elle-même pour poser calmement le débat, en tirer les leçons et se reconstruire.

Hier, dans ce vaste mouvement collectif, chacun a voulu crier son espoir, sa foi en l’homme et en l’avenir.

Mais l’horreur des jours passés, la volonté de tuer Charlie, résultent de l’échec patent de notre système républicain au sens large, c’est-à-dire du moule qui fait les « petits d’hommes », de la famille, de l’éducation et de la formation et, last but not least, de l’univers médiatique qui les formate tout autant.

Lorsque les mots ne signifient plus la même chose alors que l’on parle la même langue, lorsque le concept de liberté ne recouvre pas les mêmes valeurs, quand la vie humaine ne pèse pas le même poids, cela signifie que nous avons failli, les uns et les autres, là où nous détenons une parcelle de responsabilité.

Si notre objectif, à terme, doit être, par conséquent, de retrouver cette universalité, notre préoccupation immédiate doit être de protéger notre société, notre Nation, de tous ceux qui peuvent la menacer sur ce registre vital et existentiel. Il n’existe pas d’autres voies et tout le reste est littérature.

Ceci impose de cesser toute attitude angélique qui ne signifie rien d’autre que négligence coupable, et d’écouter le sentiment profond de ce peuple français qui s’est levé, qui est généreux, prêt à accueillir l’autre, qui est loin des extrêmes, mais qui demande que les lois fondamentales de la République soient respectées, et qui entend que soit proposé dans notre beau pays, la France, un cadre clair pour un pacte sociétal où les droits ne sont que la résultante des devoirs de la loi et de notre devise « Liberté, Egalité, Fraternité », et où il n’y a pas de place pour ceux qui ne veulent pas s’y reconnaitre et l’ignorent délibérément.

Nous ne pouvons, bien sûr, parvenir à cette universalité sans une approche européenne.

Sinon, notre belle marche aura été du « sur place » et nous aurons ouvert un boulevard plus large encore au FN…

Charles Guené, 12 janvier 2015

Laissez un commentaire

Ce billet a été publié le lundi 12 janvier 2015 à 17 h 20 il se trouve dans la catégorie Actualités.